En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour assurer le bon fonctionnement de nos services.
En savoir plus

Actualités

Se sentir bien pour bien travailler (2e épisode)

Par CDI Documentaliste, publié le lundi 17 décembre 2018 14:57 - Mis à jour le lundi 17 décembre 2018 16:46
carte 21.jpg
Journal de bord “Classe flexible” novembre - décembre

Cet article suit notre article précédent à retrouver ici.

Octobre - novembre : Mise en place du “carnet de l’attention”

Pour introduire le carnet de suivi de l’attention nous avons mené une séance en AP en co-animation professeure documentaliste - professeure d'anglais. Lors de cette séance nous nous sommes questionnées avec les élèves à partir de la problématique : “Qu’est-ce que cela veut dire “être concentré” ?”.

Nous nous sommes demandé :

  • ce qui pouvait gêner l’attention,
  • à quels moment nous étions très bien concentrés
  • ce qui facilitait un bon niveau d'attention.

Les élèves ont rempli des cartes personnelles d’attention organisées autour des questions suivantes :

  • quand je souhaite me concentrer, quels éléments extérieurs à moi gênent mon attention ? (les bruits, l’agitation, les sollicitations de mon entourage..)
  • quand je souhaite me concentrer, quels éléments intérieurs à moi gênent mon attention ? Dans mon corps (la douleur, la fatigue,..) et dans ma tête (les émotions positives ou négatives, les pensées sur moi, du passé ou sur l'avenir)
  • je sais très bien me concentrer quand… (je fais du sport, je joue aux jeux vidéos, je fais de la musique…)

 

Une fois les cartes remplies, chacun a essayé de noter une solution à une difficulté de concentration relevée : dans telle situation, pour me reconcentrer je peux utiliser un casque anti-bruit, un objet anti-stress etc.

En trace écrite de bilan de séance les élèves ont noté :

Au cours d’un même instant, notre cerveau capte beaucoup d’informations extérieures à nous (image, sons…) et intérieures (sensations, émotions, pensées…). Comme il ne peut pas s’occuper de tout en même temps, le cerveau fixe son attention sur certaines de ces informations et en laisse d'autres de côté. Se concentrer, c’est obliger son cerveau à se focaliser sur le sujet que ‘l'on a choisi plutôt que de le laisser décider tout seul.

La concentration apporte du plaisir. Au collège, être concentré permet d'être plus rapide et plus efficace dans le travail. Des méthodes et des outils nous facilitent la tâche : les casques anti-bruit, les objets qui occupent nos mains ou nos jambes, les chronomètres peuvent nous aider à garder une concentration de qualité sur des temps courts.

Suite à la séance en co-animation, les élèves ont colorié, décoré et agrémenté selon leur goût leur carte de l’attention enfin de se l’approprier.

La séance d’AP suivante a été en partie consacrée au carnet de l’attention. Les élèves ont complété leur carnet en faisant le bilan de ce premier trimestre. Ils devaient répondre à des questions telles que :

  • quels signaux m’alertent quand je suis déconcentré(e) (ex: je gigote, je bavarde, je pense à autre chose…),
  • quels sont mes besoins à ce moment-là ? (ex: j’ai besoin de bouger mes jambes, de me lever…)
  • quel outil de la classe flexible j’ai pu utiliser ? (ex: élastique à gigoter sous ma table, balle anti-stress, me mettre debout derrière la table haute…)
  • est-ce que cela m’a servi ? Comment est-ce que je me suis senti(e) ensuite ?

 

 

Ces carnets sont glissés dans des pochettes plastifiées et rangés dans un classeur au fond de la classe. L’élève peut à tout moment le pendre et le compléter.

Les retours sont globalement très positifs et les élèves apprécient ces dispositifs et les trouvent efficaces.

Bien sûr, certains élèves n’en ont pas besoin mais d’autres les utilisent régulièrement et cela diminue de façon conséquente leur agitation, faute de les reconcentrer systématiquement, ce qui est déjà beaucoup.

Côté professeur, le bilan du trimestre est très positif aussi. Ne serait-ce que pour ce lundi après-midi où un élève est rentré de récréation survolté parce qu’une élève l’avait insulté. Il criait dans la classe, gesticulait, montrait l’autre élève du doigt… Sans la classe flexible, il aurait fallu au moins dix minutes pour qu’il se calme pendant que le reste de la classe se serait agité.

L’élève en question a tout de suite accepté d’aller s’asseoir sur une chauffeuse du coin de “retour au calm”e avec un casque anti-bruit et un anti-stress. Très vite, il s’est calmé, a cessé de s’agiter et de gigoter. Le cours a pu avancer et l’élève est revenu travailler avec les autres rapidement. Très calme. L’incident était clos. On en a reparlé calmement à la fin de l’heure.

Ainsi se termine le premier trimestre d'expérimentation du projet “se sentir bien pour bien travailler”. Nos outils et nos publications ont attiré tout au longs de ces quatre mois l’attention de nos collègues et des agents. Nous avons donc discuté avec les uns et les autres et l'objectif de “sortir” nos expérimentations de nos espaces CDI et salle de classe est donc, à notre grande satisfaction, atteint.

Suite à la publication du premier compte rendu, la décision a été prise de réaménager la salle d'étude pour la rendre plus flexible. Du mobilier et des casques anti-bruit ont été acheté par le FSE et de nouveaux besoins ont émergé.

 

 

Nous continuerons notre projet en janvier, avec notamment des séances pour apprendre à varier l’intensité des son attention et à gérer au mieux les degrés de focalisation attentionnelle.